Avez-vous vraiment besoin d’un journal d’entraînement ?

Crédit : CrossFit ®* London


Les débutants le font, mais qu’en est-il des athlètes expérimentés ? Voici pourquoi l’intuition et l’autorégulation sont souvent les meilleurs repères.

Par Chris Colucci

S’entraîner comme une grand-mère

Demandez à n’importe quelle vieille grand-mère italienne sa recette de sauce et, après qu’elle vous aura ri au visage et frappé avec son rouleau à pâtisserie, elle pourra vous dire: « Une tomate, du basilic, de l’ail et un peu de vin ». Bien que vous soyez certain qu’elle ait délibérément omis quelques ingrédients, vous vous attendiez peut-être à une réponse un peu plus utile et précise.

Peut-être espériez-vous que ses instructions sembleraient sortir d’un livre de recettes : « Quatre tasses de tomates en dés, une cuillère à soupe de basilic séché, quatre gousses d’ail, 30ml de vin ». Mais ce n’est pas comme ça que cuisinent les grands-mères. Elles le font au feeling, pas selon un livre de cuisine. Parfois, vous devriez, vous aussi, vous entraîner comme ces grands-mères.

Journal d’entraînement : Avantages et Inconvénients

J’avais l’habitude d’être assez convaincu qu’un journal d’entraînement était essentiel pour avoir des résultats. Sans pouvoir revenir en arrière sur quelques pages et voir ce que vous avez fait, comment sauriez-vous vraiment que vous êtes devenu plus fort ? Et à quel point ? Et est-ce que ça s’est fait rapidement ou lentement ?

Tenir un journal est absolument bénéfique. Cela permet aux débutants de fixer des objectifs de base, progressifs et concrets pour ajouter « plus de répétitions ou plus de poids » lors de chaque workout qu’ils effectueront. Les journaux peuvent également aider les athlètes avancés à retracer des étapes spécifiques comme les exercices, le volume et la fréquence qui les ont mené à de gros PR (ou de grosses blessures).

Cependant, tenir un journal d’entraînement n’est pas obligatoire. Il y a beaucoup à dire sur le fait de simplement aller à la salle de gym et effectuer sa séance d’entraînement au feeling, sans pour autant veiller à enregistrer chaque mouvement dans le but de s’y référer, l’analyser et le traiter comme une pièce de puzzle dans un grand programme d’entraînement. Le plus grand avantage de ne pas se préoccuper de tenir un journal est que cela vous oblige à rester à l’écoute de votre corps et ses capacités chaque jour d’exercice.

L’autre avantage de ne pas tenir un journal est que, si vous n’arrivez pas à soulever correctement 100 kg tel jour, vous n’aurez pas la pression de devoir passer impérativement à 125 kg, car c’est le poids avec lequel vous avez réussi à effectuer 6 répétitions la séance dernière. Ne pas avoir un journal vous oblige à autoréguler vos efforts et travailler avec un « max quotidien » et non pas un poids prédéterminé, inscrit sur votre journal, et que vous êtes censé utiliser.

Si vous vous entraînez pour gagner en volume, soulever des poids par intuition est quasiment la manière avec laquelle les corps les mieux bâtis se sont entraînés depuis toujours. Quelques exercices d’échauffement légers et ensuite ajuster chaque série en fonction de la qualité de celle qui précède. Simple, efficace, prouvé et aucun besoin de journal ou d’ordinateur portable pour calculer chaque geste.

Passez quelques semaines, peut-être même quelques mois, sans votre journal d’entraînement et traitez chaque séance d’entraînement comme une séance autonome. Chaque série et chaque répétition deviendra d’autant plus importante. Accumuler les bienfaits de ce type de session et vous finirez par améliorer la qualité de chaque workout que vous effectuerez à l’avenir.

Source : T-Nation.com