Haltérophilie : les bienfaits des entraînements « ratés » !

crédit : flickr.com/photos/runare/

Une fois, j’ai lu une interview de l’écrivain légendaire Ernest Hemingway à qui on avait demandé : «Quelle est la meilleure formation pour les jeunes écrivains ?». Sa réponse a été : «Une enfance malheureuse». Étrange réponse, mais je le comprends. C’est le fait que des expériences difficiles, au plus jeune âge, donneront à quelqu’un le genre de conflits intérieurs et d’introspection qui se transformeront éventuellement en idées d’écriture qui toucheront les lecteurs au plus profond d’eux-mêmes. C’est compréhensible, et j’adhère complètement. Alors, en ce qui concerne l’haltérophilie… Dans la même veine que la question d’Hemingway, voulez-vous connaître l’une des choses les plus courantes que j’ai remarquées au cours des années et qui produisent des performances de compétition exceptionnelles ?

Un entraînement raté avant la compétition.

Dans ma propre carrière, cela a été facile à repérer. Quand je repense aux cinq ou six meilleures compétitions de ma vie, je me souviens parfaitement de quelques mauvais workouts (parfois plus que quelques-uns) au cours des dernières semaines qui ont précédé ces événements.

Beaucoup d’entre vous ont sûrement fait des compétitions récemment et je serais prêt à parier que plusieurs de vous ont vécu exactement ce dont je parle. À l’approche du jour J, quelques mauvais workouts vous ont énervé mentalement et vous ont fait perdre patience. Vous confirmez ?

En fait, je fais de l’haltérophilie depuis très longtemps en tant que compétiteur et entraîneur, et j’ai vu cela des centaines de fois. Les athlètes sont proches de la compétition et ils sont en excellente forme, mais ils doivent encore composer avec quelques workouts récalcitrants.

Et puis, on se présente à la compétition et on réussit quand même à effectuer ces mêmes workouts.

Certes, ce n’est pas toujours comme ça que ça se passe. C’est important de le reconnaître. Parfois, vous avez un mauvais workout… et une mauvaise compétition. Parfois, vous avez un excellent entraînement… et une mauvaise compétition. Il y a plusieurs combinaisons possibles. Et souvent, vous parcourez sans encombre tous vos workouts… et vous finissez avec une compétition réussie. Tout s’est parfaitement bien déroulé, du début jusqu’à la fin, comme prévu. Quand cela se produit, soyez reconnaissant ! Les dieux de l’haltérophilie vous ont souri et vous devriez en profiter avant qu’ils décident de vous mettre les bâtons dans les roues lors d’autres étapes.

Pourquoi les mauvais workouts ont-ils lieu avant une compétition ? Il n’y a évidemment pas de réponse absolue. Cela pourrait être causé par un large éventail de facteurs. Augmentation de la nervosité au fur et à mesure que vous vous approchez de la compétition, fatigue des semaines d’entraînement intensif précédentes, un entraînement d’haltérophilie assez superficiel, etc. Parfois, on sait exactement ce qui cause un mauvais workouts, d’autres non.

La chose la plus importante à retenir est que ces workouts ratés ne doivent pas conduire à une compétition ratée. Croyez-le ou non, ils peuvent réellement tourner en votre faveur.

Permettez-moi d’expliquer un peu plus ce que je veux dire par là. Vous est-il déjà arrivé d’aller à une compétition et de manquer votre premier essai parce que vous pensiez déjà au troisième ? Vous vous sentiez tellement confiant que vous n’avez donc pas accordé à votre première tentative l’attention qu’elle méritait. Vous l’avez négligée et vous l’avez naturellement manqué. Donc, vous avez sûrement dû la répéter, puis vous avez réussi votre deuxième tentative et votre troisième tentative, et vous êtes reparti irrité parce que vous n’avez pas pu atteindre l’objectif que vous aviez en tête pour votre troisième tentative. Ensuite, vous vous êtes dirigé vers le bar de l’hôtel pour vous saouler, devenir désagréable et tout le monde a détesté votre comportement.

Moi, en tout cas, je l’ai fait. J’ai également entraîné plusieurs athlètes qui l’ont fait. C’est assez courant lorsque vous avez suivi un entraînement sans accroc et que votre tentative d’ouverture s’est transformée en un poids que vous pouvez soulever les yeux fermés.

Les mauvais workouts avant la compétition vous rappellent que rien de tout cela ne va être facile et qu’il va falloir être rigoureux et parfait à chaque lift. En gros, ces workouts ratés éliminent la possibilité d’être TROP confiant. La confiance est bien évidemment nécessaire. Mais il faut éviter de trop en faire au point de croire que tout se passera parfaitement parce que vous êtes vraiment fantastique. Il faut, au contraire, entrer dans le bon état d’esprit : vous devez exécuter parfaitement chaque lift si vous voulez passer un grand jour. Mais, un mauvais workout vous forge.

Pour finir, si vous avez lu et compris tout ce que nous avons dit, vous savez donc que si vous avez effectué un workout incomplet avant une compétition, vous ne paniquerez plus. Vous saurez que vous l’avez sous contrôle et que vous ne ferez qu’une bouchée des lifts lors de la compétition.

De toute évidence, vous n’êtes pas censé lire cet article et rater délibérément deux workouts avant une compétition. La perfection constante est toujours le but. Mais il est important d’avoir le bon état d’esprit quand cela ne se passe pas comme prévu et que les dieux de l’haltérophilie vous méprisent et disent : «Oui, mon enfant. Tu vas encore souffrir ».

Ils ne vous condamneront pas à l’enfer. Ils ne font que vous tester. C’est leur travail. Votre travail consiste à réussir leurs tests. Alors, soyez plus dur et faites-le !

Par Matt Foreman – Source : Catalystathletics.com