L’entorse : une blessure fréquente – partie 1

Cet article est paru dans le WorkOut Mag’ n°4 et a été écrit par Hélène Froussard. Pour vous abonner au seul magazine de CrossFit ®* en France : www.workoutmag.fr. 

Blessure fréquente (6 000 accidents par jour), l’entorse — ou foulure — peut survenir aussi bien chez le sportif que chez le sédentaire. Malgré son caractère bénin, une bonne prise en charge permettra d’éviter la récidive et de réduire l’instabilité de l’articulation afin de reprendre le sport dans de bonnes conditions. C’est-à-dire sans traîner de douleurs invalidantes. Mais les entorses ne sont pas une fatalité, il suffit de quelques exercices simples et rapides pour les prévenir efficacement.

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Les entorses, quèsaco ?

Les ligaments sont de courtes bandes de tissu conjonctif. Ce sont des structures extrêmement solides qui connectent les os entre eux dans des articulations (alors que les tendons connectent les os aux muscles). Les ligaments stabilisent l’articulation afin d’en protéger l’intégrité en limitant la mobilité (hyperflexion ou hypertension). Une entorse est un traumatisme du ligament occasionné par une mobilisation excessive de l’articulation au-delà de sa capacité. Le tendon se retrouve alors étiré ou distendu, voire déchiré. Dans certains cas, un arrachement osseux peut survenir. Les entorses les plus fréquentes sont répertoriées au niveau du ligament latéral externe de la cheville (85 % des cas) et du poignet.

Les symptômes

Aïe, la barre chargée est partie dans une mauvaise direction, votre pied a glissé et la cheville a tourné… Le premier symptôme est une douleur aiguë survenant au niveau du ligament touché, parfois accompagné d’un craquement. Rapidement, l’articulation peut gonfler et une ecchymose peut apparaître (souvent après quelques heures). La douleur s’estompe au bout de quelques (longues) minutes, mais l’athlète peut éprouver des difficultés à se servir de son membre blessé (difficulté à marcher, impossibilité de tenir un objet dans la main).

Premiers réflexes

Glacer immédiatement l’articulation touchée, surélever le membre et arrêter toute activité physique. L’articulation étant fragilisée, on risque d’aggraver l’état de la blessure. Pour les entorses de la cheville, il est conseillé de ne pas enlever la chaussure qui jouera le rôle de compression et limitera l’œdème.

Le diagnostic

Faut-il se précipiter aux urgences après une entorse ? Faut-il faire une radio ? Si vous avez du temps à perdre pourquoi pas ! Le principal risque de l’entorse de cheville est que le ligament lésé ait tiré sur les os auxquels il est attaché et en ait arraché un bout. Le risque est donc qu’il y ait une fracture associée. Comment savoir s’il faut faire une radio ? Un moyen très simple est de connaître les règles d’Ottawa, une radiographie est indispensable si :
– l’âge de la personne est inférieur à 18 ans ou supérieur à 55 ans.
– impossibilité de marcher en appui (impossibilité de faire quatre pas).
– douleur locale à la palpation osseuse des malléoles ou des os du pied.

Vous pouvez bien entendu transposer cela au niveau du poignet par exemple. Globalement, plus l’œdème, l’impotence fonctionnelle et la douleur sont importants, plus votre ligament a été lésé. Il faut alors consulter rapidement votre médecin.

Soigner votre entorse

Tout d’abord, soyez patient, il faudra six semaines à votre ligament pour cicatriser complètement (en dehors de tout nouveau traumatisme). Ensuite, il faut suivre le Protocole GREC : à appliquer immédiatement et pendant plusieurs jours :

  • Glace pendant 10 minutes au moins 4 fois par jour (en pensant à mettre un tissu entre la glace et votre peau).
  • Repos : si votre cheville a souffert, utilisez des béquilles pendant quelques jours : faites dérouler votre articulation normalement en vous appuyant sur les béquilles pour soulager votre cheville d’une partie du poids, s’il s’agit de votre poignet, éviter toute sollicitation excessive sur celui-ci.
  • Élévation : surélever votre membre blessé aussi souvent que vous le pouvez pour aider l’œdème à se résorber.
  • Compression : utiliser une bande pour appliquer une compression légère sur votre articulation aidera aussi l’œdème à se résorber.

Après quelques jours de ce traitement, allez consulter votre médecin (si vous ne lui avez pas rendu visite avant). En fonction de son diagnostic, il pourra vous prescrire une échographie (une fois l’œdème estompé) ou une IRM qui permettra de faire un point sur l’état de vos ligaments et la présence éventuelle d’une déchirure. Et surtout, demandez la prescription de séances de kinésithérapie, non seulement pour aider votre articulation à se rétablir, mais surtout rééduquer l’articulation pour limiter les récidives.

Les traitements

Vous pouvez utiliser de l’Arnica. Et, si la douleur est forte, du Paracétamol. Par contre, évitez les anti-inflammatoires. En effet, l’inflammation participe au processus de guérison de votre ligament et vous pouvez contrarier ce processus en y recourant.

Les attelles

Elles peuvent être indispensables dans un premier temps pour permettre à votre ligament de se reposer. Privilégier les attelles gonflables qui laisseront votre articulation libre de travailler normalement, mais protégeront des déséquilibres latéraux. Ainsi vous limiterez l’enraidissement de votre articulation tout en permettant à votre ligament de cicatriser. Évitez par contre toute immobilisation prolongée de votre articulation.

L’ostéopathe

Prenez rendez-vous chez un ostéopathe, il arrive souvent lors des entorses que les os se « décalent », une prise en charge rapide limitera l’enraidissement de votre cheville et favorisera la récupération. Si vous pouvez en consulter un immédiatement après l’accident, ce sera d’autant plus efficace. De plus, il ne se concentrera pas que sur votre entorse, mais sur d’autres causes (au niveau postural par exemple) qui peuvent être source de nouvelles entorses.

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