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Décès de l’athlète Mario Torruco à l’iF3 : les athlètes réclament des comptes

Par Arnaud - Le 3 novembre 2026

Des athlètes s'interrogent suite au décès de Mario Tottuco à l'if3

L’athlète Mario Torruco est mort après un malaise aux championnats du monde Masters de l’iF3. Certains athlètes relèvent des problèmes dans la prise en charge.

Dix jours plus tard, plusieurs compétiteurs présents ce jour-là ont publié des témoignages détaillés sur les secours qui lui ont été portés. Leur récit contredit, point par point, la version des organisateurs. Voici ce que l’on sait, ce qui est contesté, et ce qui reste sans réponse.

Les faits

Mario Lorenzo Torruco Juárez était coach de fitness, originaire de Puebla, au Mexique. Il concourait en catégorie hommes 30-34 à l’iF3 Masters World Championship, organisé à Aruba du 22 au 25 octobre 2026.

Le vendredi 23 octobre, lors de l’Endurance Test de la première journée, il est victime d’un malaise. L’épreuve se déroule sur un parcours côtier exposé, près des ruines du moulin à or de Bushiribana : une course de 2 km, un farmers carry de 400 m, puis 2 km de retour. Il s’effondre entre 400 et 500 mètres de l’arrivée. Transporté au Dr. Horacio Oduber Hospital, il y est pris en charge pour des complications hépatiques et rénales. Son état s’améliore, il sort de l’hôpital auprès de sa famille. Quelques jours plus tard, il est réadmis. Son décès est annoncé le 28 octobre.

Le témoignage central

Le récit le plus circonstancié est celui de Marten Doede van Kammen, athlète néerlandais engagé dans la même catégorie 30-34, formé aux premiers secours. Il est resté auprès de Mario Torruco. Il précise d’emblée la nature de sa démarche : « Le but n’est pas de désigner un coupable, mais de décrire aussi objectivement et factuellement que possible ce dont j’ai été témoin. » Ce qu’il décrit :

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Sur le parcours. Mario Torruco quitte le tracé, s’effondre à plusieurs reprises, tombe dans le sable. Il n’est plus réellement conscient, ne répond pas, les yeux révulsés, pris de tremblements. Un athlète norvégien part chercher de l’aide ; des athlètes suédois rejoignent van Kammen.

Un buggy arrive, mais ses occupants versent de l’eau sur l’athlète sans le transporter. Ce sont les compétiteurs qui l’installent dans le véhicule et le conduisent eux-mêmes jusqu’à l’arrivée.

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À l’arrivée. Il reste en plein soleil, à l’extérieur du poste de secours, sans refroidissement actif de la tête, des poignets ni des chevilles, jusqu’à ce que van Kammen insiste pour qu’on le rentre.

À l’intérieur, il est allongé au sol plutôt que sur le brancard disponible, et on lui propose de l’eau alors que sa conscience fluctue, ce qui présente un risque d’étouffement. Une athlète néerlandaise pose une perfusion.

Les mesures relevées par van Kammen : une saturation en oxygène autour de 80 %, et une fréquence cardiaque oscillant entre 80 et 180.

L’ambulance. Lorsqu’il demande quand elle arrivera, on lui répond « qu’il fallait encore l’appeler ». Il estime son délai d’arrivée à au moins quarante minutes.

Sa conclusion : « Ce que j’ai observé pendant et immédiatement après cette épreuve n’était pas suffisant. »

Son témoignage est appuyé par six autres compétiteurs : Kim Lund, Erik Jernberg, Ulises Bocanegra, Jeffrey Dirks, Simon Hestad et Pascal Sibbald.

La version des organisateurs

Elle est très différente.

L’iF3, par la voix d’un représentant de la fédération internationale : « Une équipe d’urgentistes était sur place, et il a reçu des soins médicaux et une perfusion sur place. » La fédération évoque également des points d’eau et du personnel médical réparti en plusieurs endroits du parcours.

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F3 Aruba, l’organisateur local, indique que des urgentistes étaient présents sur toute la durée de la course, avec un véhicule permettant d’atteindre les athlètes sur le parcours, ainsi qu’un trailer climatisé au départ et à l’arrivée, équipé de matériel de premiers secours et de solutés de perfusion. L’organisation dément par ailleurs les affirmations selon lesquelles l’épreuve se serait tenue dans la chaleur de l’après-midi.

La fédération mexicaine (MF3) a confirmé le déroulé : malaise, soins initiaux sur la zone de compétition, hospitalisation, amélioration, sortie, puis réadmission et décès. Elle a saisi les autorités mexicaines pour l’assistance consulaire, remerciant la CONADE, le ministère des Affaires étrangères et l’ambassade du Mexique au Venezuela. Et elle a demandé à la communauté de ne pas spéculer sur les circonstances du décès, dont la cause doit être déterminée par les autorités médicales.

Les points de désaccord

Les faitsLes compétiteursLes organisateurs
Présence médicale sur le parcourspeu ou pas de personnel visibleurgentistes présents, véhicule d’intervention
Transport depuis le parcourseffectué par les athlètes eux-mêmesvéhicule prévu pour atteindre les athlètes
Perfusionposée par une athlète néerlandaise« il a reçu des soins et une perfusion sur place »
Délai d’ambulance« il fallait encore l’appeler », 40 min au moinsnon commenté
Conditions de l’épreuve~34 °C relevés sur la montre d’un concurrentl’épreuve ne s’est pas tenue dans la chaleur de l’après-midi

Ces versions ne sont pas conciliables. L’une d’elles est inexacte, et aucune enquête indépendante n’a pour l’instant tranché.

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Ce qui n’est pas établi

Il faut le dire clairement, parce que plusieurs médias l’ont écrit sans précaution :

  • La cause du décès n’est pas connue. Elle a été présentée ici ou là comme une crise cardiaque, ailleurs comme une déshydratation sévère, sans qu’aucune source médicale ne soit citée dans un cas comme dans l’autre. La fédération mexicaine a expressément indiqué qu’elle relevait des autorités médicales et demandé que l’on s’abstienne de spéculer. Nous nous y tenons.
  • Le témoignage de sa compagne, Diana Burrola, qui a mis en cause publiquement l’absence de premiers secours immédiats, n’a pas été vérifié de façon indépendante et elle n’était pas présente sur place.
  • Enfin, un élément de contexte mérite d’être relevé : l’iF3, F3 Aruba et la fédération mexicaine ont chacune publié leur communiqué sur Instagram en désactivant les commentaires.

Ce que demandent les athlètes

La démarche de van Kammen, adressée à l’iF3 et à F3 Aruba, tient en trois demandes :

  • la transparence sur le dispositif médical prévu et sur celui réellement déployé ;
  • une explication du délai d’intervention de l’ambulance ;
  • des engagements sur les améliorations à venir, en particulier pour les épreuves disputées en conditions chaudes.

Aucune réponse publique des organisateurs à ce texte n’a été rapportée à ce jour.

Pourquoi ça nous concerne

L’iF3 n’est pas CrossFit ®*, et ces championnats du monde Masters ne figurent pas sur le calendrier des CrossFit ®* Games. Mais c’est l’un des principaux circuits internationaux de fitness fonctionnel, ouvert aux Masters de nombreux pays, dont la France, et beaucoup de ses engagés viennent du CrossFit ®*. Aucun athlète français n’apparaît dans les témoignages publiés.

La question posée dépasse de toute façon cet événement : quel dispositif médical une fédération internationale doit-elle garantir sur une épreuve d’endurance en extérieur, et avec quelle obligation de rendre des comptes lorsqu’il est mis en cause ? Dix jours après le décès de Mario Torruco, elle reste entière.


Sources : The Barbell Spin — les témoignages des compétiteurs · The Barbell Spin — l’annonce du décès · 24ora (Aruba) — la couverture locale · El Financiero · Proceso

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