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À travers le regard d’un juge de CrossFit ®* : témoignage exclusif d’un passionné – Partie 1

Par Chloé - Le 3 janvier 2024

Juge crossfit
Crédit : CrossFit ®* Games

Dans le CrossFit® il existe un protagoniste de l’ombre qui est essentiel pour le bon déroulement d’une compétition : le juge. 

Vous pouvez tous être juge à partir du moment où vous connaissez les standards et que vous êtes impartial. Découvrez ici comment devenir juge.

À travers le regard affûté de César Cerqueira, juge depuis plusieurs années, nous plongeons au cœur de l’action, dévoilant les coulisses, l’évolution du judging au fil des années et ses réflexions personnelles sur la fonction.

Raconte-nous, dans un premier temps, ton expérience en tant qu’athlète.

J’ai commencé le CrossFit ®* en février 2017 avec pour but de perdre du poids et de pratiquer une activité physique. Je ne voulais pas m’inscrire dans une salle de fitness parce que, pour moi, il n’y a pas d’encadrement ni de suivi. Je voulais quelque chose de structuré, avec quelqu’un sur mon dos. Je suis tombé sur le CrossFit ®* en faisant des recherches sur le net. J’ai été intrigué par le process, le côté dépassement de soi et le fait de sortir de sa zone de confort. Je sortais rincé de mes premiers wods en me demandant pourquoi je m’infligeais autant de violence, mais j’y retournais le lendemain avec plaisir. Ça m’a aussi permis de m’affirmer et de prendre confiance en moi. 

Qu’est-ce qui t’as donné l’envie de juger ?

J’ai jugé pour la première fois aux Open 2018 et je me suis rapidement pris au jeu. Je dois avouer que, dans un premier temps, c’était pour le côté « pouvoir » de la fonction, le fait de prendre des décisions radicales pouvant valider et/ou invalider un mouvement qui m’a plu. 

Et j’avais aussi l’envie de voir l’envers du décor en compétition, pouvoir juger tout type de compétiteurs, être au cœur de l’action, sentir l’adrénaline, l’électricité, la sueur sur le floor: cela a quelque chose d’enivrant, d’addictif !

Quel est pour toi un « bon juge » ? Quel est son rôle ?

C’est quelqu’un qui n’a pas peur de la fonction et qui ne se laisse pas impressionner par le caractère et/ou la notoriété du compétiteur qu’il aura à juger. C’est quelqu’un d’impartial et d’équitable, de flexible, sachant s’adapter, qui fait preuve de compréhension et non d’interprétation par rapport aux standards. Un peu bienveillant, un peu altruiste, un peu empathique…. Mais pas trop. 

Le rôle premier d’un juge, expliqué dans le Judge Course (qui doit être revalidé tous les ans), est de s’assurer de la bonne exécution du workout, en respectant les standards de mouvements de la compétition ainsi que le nombre de répétitions. Il s’assure aussi d’enregistrer le temps mis par le compétiteur pour réaliser celui-ci, ou le nombre de répétitions. Et rien d’autre !

Tout le reste, le comptage à haute voix, le guidage de l’athlète pendant son test, le rappel des consignes et standards, sont des extras, pris trop souvent comme des acquis par les compétiteurs. Le juge n’a aucunement l’obligation de le faire et sur certaines compétitions on leur rappelle bien de ne se concentrer que sur leurs rôles premiers. 

Si le juge est le garant du respect du workout; le compétiteur, quant à lui, est responsable de la connaissance de son épreuve, du nombre de répétitions qu’il doit effectuer et des standards exigés par la compétition. 

Tout comme un juge n’est pas là pour encourager, pour toucher/replacer le matériel, ou pour faciliter le compétiteur en quoi que ce soit. Ce sont malheureusement des choses dont j’ai été et suis encore témoin. Cela dessert le juge, le compétiteur, la compétition que d’agir de la sorte. 

Qu’est-ce qui te plaît dans cette fonction ?

C’est le fait de venir aider la communauté, la compétition, d’apporter ma pierre à l’édifice, de participer au bon déroulement des épreuves, d’accompagner le compétiteur et de faire en sorte que son WOD se passe le mieux possible, tout en restant à « sa place ». 

Il y a aussi le côté humain, les relations que tu crées tant avec les compétiteurs, qu’avec les organisateurs et les autres bénévoles. C’est un réel plaisir de me dire que je vais sur telle ou telle compétition et que je vais retrouver des personnes qui sont devenues des amis, qui sont éparpillées aux 4 coins de la France, et sur certaines compétitions, aux 4 coins du globe. Les connexions que j’ai créées grâce au judging et au volontariat contribuent à mon épanouissement et à me faire grandir en tant qu’Homme. 

Quelle compétition t’a le plus marquée ? Pourquoi ?

J’hésite entre les Semi finals à Berlin et les Rogue Invitational à Austin, Texas. Ce sont 2 compétitions qui n’ont pas autant d’athlètes et de catégories que les Games, avec des équipes de juges moins importantes aussi, mais qui ont un niveau d’exigence et une pression qui peut être supérieure aux Games. 

Le choix est dur car chacune a son pourquoi….

Les Semi car c’était la première vraie grande étape de la saison, celle où tu juges les meilleurs athlètes européens, avec un premier vrai contact avec l’Elite, et où, comme le disait Denise Thomas, la Head-Judge, on devait envoyer les bons athlètes aux Games. 

Et les Rogue Invitational car ça faisait partie de mon top, avec les CrossFit ®* Games, et c’était quelque chose que je n’espérais pas faire si tôt. Tu te retrouves à juger le top mondial, avec ceux qui sont considérés comme étant les meilleurs juges. A mon niveau, je trouve ça dingue d’avoir fait partie de cette équipe. 

Après il y a aussi des compétitions qui te marquent mais pas dans le bon sens du terme et qui te font aussi grandir…. 

J’ai eu le plaisir, la chance et le privilège de juger les plus grandes compétitions pendant l’année 2023. De grandes personnes m’ont fait confiance et je leur en suis reconnaissant. Comme disent nos cousins chez l’Oncle Sam, I’m blessed.

Retrouvez la partie 2 en cliquant ici.

Interview crossfit : Mélody Andréani

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