Comment utiliser la corde à sauter pour améliorer son fitness ?

Crédit : Bertrand Wendling

Cet article est paru dans le WorkOut Mag’ n°35. Pour vous abonner ou acheter les magazines en version papier ou numérique, il suffit de cliquez ici !

Si vous pratiquez le CrossFit ®* ou un sport de combat, vous avez sûrement fait de la corde à sauter. Mais savez-vous vraiment comment maximiser son utilisation pour optimiser votre fitness ? 

Les avantages

Le premier avantage, c’est que la corde est facilement transportable. En effet, il est très simple de la glisser dans sa valise et d’y avoir accès en voyage d’affaires ou en vacances. Deuxièmement, c’est un entraînement anaérobique qui est court et transférable à beaucoup de sports. Elle développera les adaptations organiques comme l’endurance cardio-respiratoire, la résistance et même la force explosive, mais aussi la coordination, l’agilité, la précision et l’équilibre. 

Difficulté

Une des grandes difficultés du saut à la corde est d’augmenter la cadence (nombre de tours par minute), car il faut alors passer de déséquilibre à équilibre plusieurs fois par seconde. Il ne faut pas nécessairement sauter plus haut, mais être capable de maintenir la même hauteur avec un appel plus rapide ou même moins prononcé. Vous pouvez voir, en haltérophilie, course à pied et sport de combat, comment on peut facilement transférer cette capacité à s’équilibrer rapidement pour mieux appliquer notre potentiel de force. On sait tous que ce n’est pas le potentiel de force, mais bien l’application productive de ce potentiel qui sépare un athlète moyen d’un athlète élite. Par exemple, pour avoir une course plus efficace, il faut pouvoir trouver son équilibre dès qu’on dépose le pied au sol de façon à enchaîner directement le mouvement suivant au lieu de devoir passer de longues millisecondes à s’équilibrer. Sur un marathon, gagner 30 cm tous les 400 m nous fera terminer 1 km devant notre rival. C’est le même principe en haltérophilie. Il est facile de prendre son max en clean en partant du rack et de faire un front squat alors qu’il est très difficile d’arriver à réceptionner la barre en même temps que de trouver son équilibre. De plus, en haltérophilie tout comme en corde à sauter, il faudra être capable de synchroniser le haut du corps avec le bas. Alors voyons comment en 5 à 10 minutes, 3 fois semaines, vous pouvez utiliser cet outil pour améliorer votre forme physique.

Commençons par la base

Mesurez votre corde en plaçant un pied au sol, au milieu de la corde. Pour les débutants, les deux poignées arriveront au niveau de l’épaule, pour les intermédiaires au niveau des aisselles et les avancés au niveau de la poitrine. Plus la corde est courte, plus vous pourrez atteindre une haute cadence, mais moins ça pardonnera. 

Le saut de base se fait les deux pieds ensemble, décollés de seulement 1,5 à 2 cm du sol. C’est la première étape : apprendre à sauter juste assez. Vous réduirez l’impact avec le sol tout en vous donnant la possibilité de faire facilement plus d’un saut par seconde et donc rapidement augmenter votre cadence et, par conséquent, l’intensité de votre entraînement (et les résultats). 

Le saut fantôme. Commencez par faire comme si vous tourniez la corde avec vos mains légèrement en avant de vos hanches (sans corde) et à la bonne hauteur de saut. Vous devriez apprendre à relaxer vos chevilles et augmenter la tolérance de vos mollets dans les premiers temps. La deuxième étape est de prendre les deux poignées de corde dans une main et de faire tourner la corde sur le côté du corps tout en synchronisant vos sauts. On vise un seul saut par révolution de la corde (il faut absolument proscrire les sauts parasites entre les passages de corde). 

Le saut parfait. La corde en main, faites un saut (à la bonne hauteur) en gardant les mains légèrement en avant des hanches et arrêtez. Faites en 2 puis 3 jusqu’à 10 sauts parfait. Filmez-vous ou utilisez un miroir pour vous assurer de sauter à la bonne hauteur et voir le positionnement de vos mains. L’objectif est d’arriver à atteindre 5 minutes de sauts simples en continu. Vous pouvez, au début, utiliser 3-4 fois par semaine cette séquence pour vous échauffer. Pour essayer autre chose, vous pouvez aussi travailler le saut alterné des pieds, mais attention de garder seulement 1,5 à 2 cm de saut.

Au niveau de la cadence de la corde quand vous arrivez à faire plus d’une minute en continu, commencez à utiliser un métronome (il y existe des applications gratuites pour smartphone) pour viser 180 sauts/minute. Vous allez en avoir pour 2 à 4 semaines pour développer la capacité de faire 5 minutes en continu. Ne faites pas l’erreur de sauter cette étape sous prétexte que vous savez faire des double-unders. J’ai personnellement dû prendre 4 semaines pour réapprendre la base malgré le fait que j’ai un record de 355 double-unders unbroken ! 

Amenons de la variété

Il y a plus de 20 sauts différents de base et avancés que vous pouvez utiliser. La plupart d’entre nous en connaissent 2 ou 3. Prenez le temps de les travailler en échauffement ou en cool down. Vous verrez des gains en coordination et c’est plus plaisant que de faire 10 minutes de sauts de la même façon. Voici différents types de sauts à la corde, tout ce que vous avez à faire est une petite recherche YouTube et vous trouverez des exemples :

En sauts simples : high steps/side straddle/forward straddle/skier’s jump/bell jumps/half twist/full twist/X foot cross/forward shuffle/backward shuffle/broad jump/feel to toes/cross arms/arm side swing/side swing jump.

En sauts doubles : double-under/alternating/high steps/steps/side straddle/forward straddle/skier’s jump/bell jumps/X foot cross/power arm crossover/side swing power jump.

À noter que le saut triple (triple-under) est un bon défi aussi !

Crédit : Bertrand Wendling

Faire un entraînement

Commencer par une baseline. C’est un test du nombre de sauts que vous pouvez faire par exemple en double-unders. Pour mesurer votre résultat, vous devez faire la moyenne de 3 essais consécutifs de 30 à 60 secondes (au choix). Vous pourrez vous retester plus tard pour évaluer vos progrès. Vous pouvez aussi mesurer votre résistance et endurance sans rater de sauts (avec une variété de sauts) et là, le résultat sur la durée ou le nombre de sauts sans échec. 

Si vous vous entraînez en CrossFit ®*, vous devriez viser entre 2 et 3 sessions de 10 minutes maximum dédiées à la corde, en plus de votre entraînement régulier. Vous pouvez aussi utiliser ces sessions comme première partie d’entraînement ou même comme finisher. L’objectif est d’amener votre rythme cardiaque dans les 80 % de votre max (voire aller en entraînement Vo2 max pour les plus courageux d’entre vous). Pour ce faire, vous allez jouer avec le repos. Par exemple, passez de 1:1 à 1:2 repos/travail pour augmenter la difficulté. Les RPM (cadence) sont très importants et souvent négligés dans notre type d’entraînement. L’objectif est de pouvoir maintenir entre 180 et 240 RPM (ne vous découragez pas, c’est difficile au début).

Tant que vous n’arrivez pas à maintenir ces RPM, gardez vos séances à 5 minutes pour maximiser l’intensité. N’apprenez pas à faire « lentement » juste pour faire 10 minutes. Comme en CrossFit ®*, c’est l’intensité qui amènera les résultats et non la durée de l’entraînement. Au début, prenez 5 techniques de sauts simples et faites 1 minute de chaque en essayant de maintenir 180-240 RPM et en limitant les échecs. Par la suite, le début de votre session sera 5 x 1 minute de sauts, puis vous aurez 3 à 5 sprints de 30 à 60 secondes pour un max de reps (suivi d’un repos 1:1 au début). Puis, même session, mais vos sprints seront de 60 secondes et le repos se fera à 180 RPM de sauts simples. Enfin, amenez le même principe avec les sauts doubles et vous pourrez aussi augmenter la difficulté en faisant des « chorégraphies » où tous les 5-10 sauts vous changez de type de sauts. 

Augmenter les RPM, surtout lorsqu’on pratique les sauts doubles, est l’équivalent du coup de poing « one inch punch » de Bruce Lee. Il force le corps à générer un max de puissance avec un minimum d’impulsion ce qui est la base de l’augmentation de la force. Pour augmenter la charge sur notre push jerk, on n’augmente pas la profondeur de l’appel, mais bien l’accélération de la barre, c’est le même principe !

Par Matthieu Dubreucq