Interview de Mat Fraser : « Avant, je poussais les limites et j’étais malheureux »

Mat Fraser s’est entretenu avec nos confrères de Men’s Health aux USA et a livré une interview riche en enseignements !

Crédit : Instagram Mat Fraser

Avec 7 participations aux CrossFit ®* Games et 5 victoires d’affilées, Mat Fraser a dominé le monde du CrossFit ®* avant de prendre sa retraite en début d’année. Désormais, place à l’écriture d’un livre, sa programmation en ligne et sa société de compléments alimentaires. Voici quelques extraits de l’interview qu’il a donné à Men’s Health.

Quels sont tes objectifs maintenant que tu ne fais plus les CrossFit ®* Games ?

Je ne suis plus aussi préoccupé par les performances. Désormais, c’est plutôt santé, forme physique et amusement entre amis. J’ai construit une grosse box à domicile avec tout le matériel qui est doublé pour que mes amis puissent venir s’entraîner et que nous puissions nous pousser les uns les autres. Certains jours, je suis seul, d’autres jours, il y a une demi-douzaine de personnes. On est tous là à essayer de s’améliorer.

Avant, tu t’entrainais six, sept, voire huit heures par jour, ce n’est plus la même chose ?

Non. C’est beaucoup plus détendu, et même mon emploi du temps est totalement différent. Mon pote travaille à plein temps, et je voulais m’entraîner avec lui, mais il ne peut le faire que si c’est avant le travail, à 7 heures du matin. Je ne suis pas du tout un lève-tôt, ce qui n’était pas un problème lorsque je m’entraînais pour les Games. À l’époque, je ne manquais pas de temps pendant la journée. Je manquais d’énergie. Maintenant, c’est le contraire, j’aimerais qu’il y ait 50 heures dans une journée. Donc la première chose, dès que je me lève, je vais à la salle de sport. Sinon, d’autres choses sont prioritaires. C’est assez nouveau pour moi, mais quand vous vous levez à 6 heures, au lieu de 8, 9 ou 10 heures, vos journées sont beaucoup plus productives.

Crédit : Instagram Mat Fraser

Y a-t-il un exercice spécifique qu’il a été difficile d’aborder d’une nouvelle façon ?

Le rameur. Vous avez les données sous les yeux, et vous les regardez en temps réel. Je sais quels sont mes anciens records et je sais combien de temps je me reposais, mais je dois me dire que ce n’est plus mon travail. Maintenant, je peux tirer des bénéfices pour ma santé en séparant les intervalles et en ajoutant 30 secondes de repos, alors qu’avant, il fallait que je sois prêt au cas où il s’agirait d’un test de condition physique, alors je poussais, poussais, poussais les limites et j’étais malheureux. Peu importe si j’en avais envie ou pas. Je devais le faire.

Ça semble être un soulagement…

Ouais. C’est comme quand tu finis le lycée ou l’université, et que tu te réveilles d’un cauchemar où tu as raté un examen final ou autre. Et puis il y a cette libération, comme « Oh, je n’aurai plus jamais à le faire« . Je me souviens que ma femme Sammy et moi étions au Texas, et nous nous entraînions ensemble un matin. Mon instinct naturel, ce que j’ai fait pendant des années, est de ne pas socialiser dans le gymnase. Je suis concentré sur la tâche à accomplir. Mais je me suis dit : « Non, non, non. C’est bien si vous parles avec les autres entre les séries. »

Et y a-t-il quelque chose que tu fais pour te rappeler le plaisir de l’entraînement ?

J’ai vraiment, vraiment apprécié de m’entraîner avec des amis. Par exemple, je faisais du développé couché l’autre jour avec un copain. Je fais des séries de 10 à 105/110 kg et il fait ses séries à 60 kg. Avant c’était genre, ne fais pas ça. C’est une perte d’énergie. C’est une perte de temps. Ce n’est pas idéal pour ma forme. Mais maintenant, c’est parfait. Je me fiche de ce qu’il a sur la barre. C’est bien qu’on prenne le temps de changer les poids à chaque série.

Tu as aussi une programmation à toi, HWPO. Qu’est-ce que ça fait d’être de ce côté du sport ?

Je pense que les gens ont supposé que la programmation allait être adaptée aux athlètes des CrossFit ®* Games, et ce n’est pas du tout le cas. Il y a quelques athlètes des Games qui le font. Il y a beaucoup d’athlètes régionaux qui le font et dont j’ai entendu parler, mais c’est vraiment pour quelqu’un qui essaie juste d’obtenir des PR. Ils peuvent s’inscrire à une compétition locale, mais tout est basé sur des pourcentages, donc que vous arrachiez 140 ou 45 kg, le travail en pourcentage est un travail en pourcentage.

Crédit : Instagram Mat Fraser

Y a-t-il une raison pour laquelle tu ne vises pas l’élite ?

Avec les athlètes des Games, une grande partie de la programmation doit répondre à des besoins spécifiques. L’entraîneur doit avoir les yeux sur l’athlète et être en communication constante avec lui. Certaines personnes m’ont contacté et m’ont demandé de les coacher lors du lancement, mais ce ne serait pas juste pour eux. Je pourrais tout à fait vous envoyer une feuille de calcul Excel et vous dire : « Faites tout ça ». Mais si je le fais, je veux le faire correctement. Lorsque vous vous préparez pour les Games, vous devez être prêt pour tout, même pour des épreuves qui n’ont jamais été présentées auparavant. Évidemment, ce n’est pas le cas lorsque vous programmez pour des athlètes non compétitifs. Comment décidez-vous des exercices à inclure et de ceux qui n’en valent pas la peine ? J’essaie de préparer les gens à une bonne forme physique, bien équilibrée, donc il n’y a pas de parti pris dans un sens ou dans l’autre. Mais plus encore, j’essaie d’expliquer quelle est exactement mon intention. J’enregistre donc une vidéo quotidienne de coaching qui reprend chaque élément de l’entraînement et j’explique : « Voilà ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons et comment l’aborder ». Il s’agit de reproduire les petits indices que vous recevriez dans une séance de coaching individuelle.

Quand il s’agit de créer la programmation, quel est votre processus ?

J’ai deux ou trois personnes qui s’occupent de tout quelques mois à l’avance. Ils passent en revue les séances d’entraînement et s’assurent qu’elles ont lieu à peu près au même moment et que la charge est correcte pour tous les différents niveaux de compétence.

Tu viens aussi de lancer une société de compléments alimentaires, Podium. Que peux-tu nous dire dessus ?

J’essayais d’être sur le podium des Games, et je sais que ce n’est pas l’objectif de tout le monde. Mais quel que soit votre objectif – peut-être est-ce de courir un 5 km, peut-être est-ce de participer à une course Spartan – j’espère que les gens pourront utiliser ces compléments pour atteindre leur objectif.

Un dernier mot pour finir ?

Pour la programmation, certaines personnes ont dit : « Il n’y a pas assez de volume ici ! ». Nous allons donc sortir HWPO Pro, et c’est pour la personne qui veut passer plus de temps à la box et qui veut consacrer plus d’efforts à cela. Et puis à l’autre bout, il y a les gens qui disent : « Hey, je n’ai pas assez de temps dans la journée pour faire tout ça. » Donc, nous allons mettre en place HWPO 60. C’est destiné à quelqu’un qui veut entrer et sortir de la salle en 60 minutes du début à la fin !

Source : Men’s Health